Easyrider…

Voilà, le mot est lancé dans un pays construit façonné pour la moto, où chaque trip peut se faire sur un engin à 2 roues, où il est possible d’avoir des bouchons de 2 roues, où un ville comme Hanoi comporte environ 1 scooter pour 1,3 habitants.

L’easyrider est le fait de partir faire un tour de moto avec un guide dans le vrai Vietnam.

Celui des rizières, des chapeaux coniques, à la rencontre des gens, les cheveux au vent, la sensation de liberté pour nous, capitaliste, au pays du socialisme vietnamien. Mais cette liberté a un prix et en dollar, la monnaie roi de ce dragon asiatique.

On peut « easyrider » partout maintenant, car quand une chose fonctionne au Vietnam ou ailleurs dans le monde, le Vietnam s’empresse de le copier, de le contrefaçonner, de le dupliquer, de l’agrémenter de sauces différents, de le proposer en version originale avec sous-titres ou non, de le « haut de gammer » ou au contraire, de le « bas de gammer », et aussi d’en faire le « probably, the best tour in town » qui serait recommandé par tous les guides à commencer par la « ponely planet » ou pour les français « Le guide du moutard »… Sans commentaire

D’ailleurs, dans cette optique et dans une autre ville que Hanoi, Nha Trang pour être plus précis, je me renseigne sur les tours « d’easyrider » dans le Sud Vietnam, mon interlocuteur, un dénommé Phuy renommé Eddy Murphy, me parle avec la larme à l’œil de ses tours, comment les gens l’aiment et comment je suis son ami et que l’on mettra son drapeau Eddy Murphy devant sa moto.

Il me donne sa carte, je demande le prix et là tout se complique, notre amitié en prend un coup quand je fais les yeux ronds au tarif de 50$ par jour, il me demande combien je suis prêt à mettre, je lui répond que mon seuil psychologique était aux environs de 25-30$ par jour, il commence à me dire ce qu’il dépense pour le trajet, à savoir l’essence super cher, (25 litres environ), repas et logement pour nous 2,  évidemment avec sa moto et l’usure, son temps précieux de guide et de driver à l’anglais ponctué de « my friend ».

Du coup, voyant que j’hésite et que surtout je calcule sa marge bute parce qu’il me dit toutes les dépenses qu’il y a, je passe par tous les stades d’amitié, d’ami de 30 ans ( un dollar équivaut à 6 mois d’amitié), à ami en froid, à « on se parle plus »,.. Du coup, il m’a même repris sa carte avec ses coordonnées. L’amitié déjà en berne en a pris un coup.

Je ne dois pas être assez « born to be wild », j’aurais dû garder les cheveux longs.

Sorry Anthony Hopkins ! Sorry Kerouak ! Je ne vous comprendrai donc jamais…

Et par la même occasion, l’harcèlement touristique (les vendeurs ne lâchent rien ! surtout les touristes…) commence sérieusement à galvauder mon temps de cerveau disponible et mon séjour.

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