On parle beaucoup du GR corse ou des Pyrénées, on parle beaucoup du lagon somptueux de la Nouvelle Calédonie, ou des ces iles Loyauté aux pins mais on peut aussi s’adonner aux joies de la marche dans un décor tellement différent, sauvage et diversifié.

Le GR calédonien, pour le moment seulement dans la province sud, est constitué de 7 étapes partant de la baie de Prony au Sud pour aller jusqu’à Dumbéa, ville au nord de Nouméa.

Cette marche permet de traverser quelques hauteurs et différents écosystèmes que l’on trouve en Nouvelle Calédonie, terre arable pauvre mais minière riche.

Voila un sorte de topo sur cette sortie pédestre intéressante et qui permet de voir l’autre Calédonie, la terrestre.

A noter pour moi, ma première sortie en autonomie complète, ce qui rend la chose intéressante puisqu’il faut tout calculer pour son sac, de la nourriture au couchage en passant par le réchaud ou par les affaires de rechange…

Notre départ se fait dans un contexte brumeux (pas juste à cause de la soirée de la veille) et un peu pluvieux ce qui nous laissera le chemin à nous tout seul.

Prony – Refuge de néocallitropsis : 4h00

Une petite mise en bouche que cette étape tout en montée douce jusqu’au premier refuge sur le chemin. On part de la baie de Prony avec sa vue au lointain sur une des grosses usines de nickel. Le chemin se fraie dans la terre rouge et dans une végétation assez basse et peu dense et dans un temps véritablement frais pour cette ile.

Notre arrivée coïncide avec l’apparition de la pluie au refuge mais nous avons le temps, néanmoins d’aller remplir nos gourdes au point d’eau et de faire un feu grâce aux cendres encore incandescentes d’un groupe certainement passé le midi.

Dodo sur les lits en bois du refuge avec un bon roll anti-moustiques quand même.

Jour 2 :

Refuge Néocallitropsis – Netcha : 3h30

Etape sensiblement dans le même type de végétation que la précédente. Montée sur une crête montagneuse que l’on suit avant de basculer vers Netcha où l’on traverse la route qui va vers le sud de l’ile. Petit halte café offert par le garde du refugede Netcha au demeurant sympa et serviable, qui loue des kayaks pour la rivière et pour aller à la chute d’eau proche.

Netcha – Refuge de Ouenarou : 5h00

Nous voila reparti pour la marche de l’après midi, dans ce temps toujours couvert. La végétation change un peu. Elle devient un peu plus dense et par la même occasion, notre route s’élève un peu plus.

Partage du refuge avec 2 employés de la province sud dépêchés à l’entretien du sentier. Des Canaks très sympas qui partagent certaines de leurs vivres avec nous. Moins sympa, les ronflements d’une force inouïe du plus jeune. Même les sifflements à la Louis de Funès dans la Grande Vadrouille sont inutiles pour calmer la locomotive.

Jour 3 :

Refuge de Ouenarou – Refuge des muletiers : 5h00, puis Refuge des Tristaniopsis : 5h30

Notre jour 3 commence. On attaque la partie centrale du GR où l’on tourne autour d’un lac et dans un parc national. On rentre dans des massifs montagneux dont la végétation se rapproche plus de la forêt primaire. Les pentes deviennent plus raides, les paysages plus montagneux et découpés et certaines rencontres que seule la Calédonie peut nous réserver se produisent. Ainsi, la journée sera marquée par notre rencontre avec un cagou, oiseau endémique de l’ile qui ne vole pas faute de prédateurs. L’oiseau nous barra le chemin et nous montra que ce bout de chemin était le sien en ne s’envolant pas et en nous chargeant même. Il faut dire que j’attendais qu’il s’envole, car je ne connaissais pas sa spécificité. Du coup, le vainqueur fut le cagou et nous dûmes faire un détour sous l’oeil attentif du maitre des lieux. Nos vivres diminuent et nous nous rationnons, enfin plutôt, nous faisons attention à nous laisser quelques plaisirs pour demain comme du saucisson de cerf ou du fromage pour agrémenter notre dernier repas de midi avant le retour à la civilisation. Nous faisons environ 1000 mètres de dénivelé positif en ce jour et 800 en négatif.

Jour 4 :

Refuge des Tristaniopsis -Abri de la corne du diable – Abri du camp des fougères-Refuge de la mine du soleil : 7 heures

On reste dans la forêt primaire calédonienne. Les paysages sont vraiment de montagnes, les montées sont prononcées et longues avec une étape avec plus de 1100 mètres de dénivelé positif. la végétation est dense ce qui nous laisse peu l’occasion de voir le paysage. Néanmoins, il y a des lieux où la vue est dégagée et les haltes à ce moment là prennent un vrai intérêt. l’étape est aussi humide avec pas mal de passage de rivières/ruisseaux ou coulées d’eau. La plus significative se traverse sur un siège accroché à un filin ( pour les jours de crue essentiellement). Nous nous accrochons pour ne faire qu’une halte repas et ainsi ne pas entamer notre dernière ration de vivre avant le repas de midi ( en gros, nous avions oublié que nous pouvions avoir envie de grignoter au petit déjeuner, donc nous étions finalement court en vivres de course notamment dans les barres céréales).

Abri du camp des Fougères – Refuge de la mine du soleil- Dumbéa: 4h30

La dernière ligne droite de l’après-midi, une étape avec plus de descente que de montée ( 500 en + pour 1200 en -). On passe devant une mine désaffectée, nous voyons notre chemin sur la montagne en face ce qui nous met un petit coup au moral car nous pensions qu’il nous restait moins de chemin. Sur la dernière montée, mon collègue veut tenter une remontée via le lit d’une rivière. Bonne idée que je ne suis pas ce qui lui permettra de revenir sur le chemin sans trop se perdre. La dernière grande descente de plus de 900 mètres me verra faire mes indispensables, nécessaires et habituelles chutes de randonnées.

La fin se fait sentir, nous voyons au loin la passe de Dumbéa. Il ne reste plus qu’à allonger la foulée de la marche voire de courir dans la descente pour terminer cette journée de marche de plus de 10 heures.

Voila le GR Calédonien est fait, les 7 étapes ramenés en 3,5 jours. Nous sommes prêt pour un énorme repas le soir même si notre chauffeur et ami vient nous chercher en retard…Il fonctionne déjà à l’heure calédonienne.



Leave a Reply