Le voyage en Bus.

Un indispensable, un obligatoire sur les chemins du monde…le bus

En Amérique du Sud où les distances s’allongent, les heures de bus se multiplient. Certains trajets sont d’une beauté à couper le souffle, d’autres sont justes bons à couper les jambes ou à faire gonfler les chevilles tant les heures se comptent en dizaines… Ainsi 60 heures pour relier l’Equateur à la Bolivie avec quelques haltes de survie au milieu.  Voici mon itinéraire, Canoa-Guyaquil puis Guyaquil-Mancora (Nord du Pérou), Mancora-Lima, Lima-Tacna côté Pérou puis Arica côté Chilien pour terminer par Arica- La Paz.

Je calme tout de suite les ardeurs de chacun, le billet d’avion nécessitait 3 stops et coutait au moins 650 dollars. De plus, je n’arrivais pas à avoir les infos sur le vol Lima – La Paz, mais ce tronçon m’intéressait en bus pour son paysage.

Effectivement je suis passé par le nord du Chile, ou le territoire que les chiliens ont pris aux Boliviens à la fin du XIXème siècle lors de la guerre Chili, Pérou, Bolivie. Les boliviens ont été renvoyés dans leurs montagnes andines et ont perdu leur « accesso al mar » dont la revendication fait partie maintenant de leur ADN. Ils ont aussi perdus les mines d’argent d’Atacama, une source de revenus énorme revenues depuis au Chili et assez fameuses depuis quelques temps. D’ailleurs, il faut savoir qu’une raison de la défaite bolivienne est due au fait qu’une grande partie des troupes était restée en Bolivie pour le carnaval d’Oruro, sur la demande du président de l’époque et que l’armée s’est retrouvée fort dépourvue quand la bise chilienne fut venue…

Alors parlons des différents bus rencontrés… Le premier jour : un « ejecutivo » de Canoa à Guyaquil, donc une certaine tranquillité, des sièges conforts, peu d’arrêts, et une certaine ponctualité.

Un bus normal de Guyaquil à Mancora. Cela implique plein d’aventures. Des vendeurs à chaque bourgade qui proposent de vrais repas ou boissons ( seco de res, papitas, refrescos) tout est achetable sur un bus qui turbine à la salsa crachotante des amplis dans ces pays. Il est à noter que dans ces pays, les gens n’hésitent pas à vendre de tout dans un bus, des pilules qui facilitent le transit intestinal au chocolat. A chaque fois, nous avons le droit à une vraie litanie, les voyageurs sont pris à partie par les vendeurs pour bien montrer que les problèmes gastriques sont l’apache de tout le monde et que nous devons protéger notre prochain. De même, certains n’hésite pas à prêcher dans le philosophique en citant Freud ou Platon/Socrate pour vendre des merveilleux bonbons au chocolat à 50 cents. Comme quoi, la philosophie peut servir dans toutes les situations.

Pour clore le chapitre des vendeurs, mon dernier n’a rien vendu. A priori, c’était un étudiant qui a attendu que le bus parte pour prêcher. Evidemment, cela a duré des heures car comme les autres, il était là pour ne pas déranger et il n’est pas, comme les autres, ici, pour prendre votre attention, mais un peu quand même.  Au bout du compte, il a demandé aux gens endormis dans le bus de lever la main et de répéter ses paroles de prêche ce qui à ma grande surprise a fonctionné. Et voilà la majorité des personnes dans le bus, levant la main et récitant les yeux fermés de sommeil, les paroles de mon étudiant prêcheur qui s’est réinstallé à côté de sa mère après coup.

Pour « l’Entertainment », on passe du Jacky Chan et du film romantico-comique dans le bus classe aux films de violence extrême dans le bus normal.

Pour ces 2 bus, une journée commencé à 7h terminé à minuit.

Ma seconde journée me propose une pause d’une demi journée dans la station balnéaire de Mancora avant d’attaquer un trajet de près de 20 heures qui se transformera en 22h30. Pour ce trajet, une des meilleures compagnies de bus « Reina del camino », siège inclinable à 150°, hôtesse, repas, wifi, musique, films et un bingo ! Il y avait mieux, le bus écologique avec siège à 180°, hôtesse etc… à se demander le rôle de l’hôtesse. En tout cas, vue panoramique ou frontale dégagée et aussi sur les côtés ce qui permet de voir un coucher de soleil magnifique sur le désert côtier nord-péruvien.

Pour les films,  on passe du neuneu pour enfants à du comique américain un poil basique avant de terminer sur un film sur les violences conjugales au Mexique ou au Pérou…En tout cas, on retrouve enfin des films à caractère violent  même si c’est de la violence classe, qualité du bus oblige.

L’arrivée à Lima m’offrira un hub de 1h avant de prendre un autre bus (car pas d’infos viables sur les vols Lima/Tacna), même type de qualité de bus même si le repas ne se fait pas à bord mais dans un restaurant. Le hic, un itinéraire de 22 heures se transforme en 24 heures car la compagnie a rajouté une halte pour économiser les frais d’un bus sur un tronçon de route. A cela, il faut rajouter la bonne heure et demi pour relier la ville chilienne de l’autre côté de la frontière, formalité de douane oblige. Merci l’Europe de nous donner des mauvaises habitudes de transhumance facile.

Cependant, il est à noter que ces 2 heures et demi supplémentaires dans le bus ont été l’occasion d’un film de plus. Celui ci était avec mon acteur fétiche tant par sa qualité de jeu de scène que sa propension à nous faire ressentir ses émotions : Steven Seagal. A la fin du film où il est énervé de ne pas avoir tué tout le monde, lors de l’assaut finale de la maison à 2 contre 13 évidemment, il répond à cette question « est-ce qu’on essaie de les prendre par surprise ? », par cette réponse pleine de philosophie, « non, j’en ai marre des surprises, le temps est passé, on rentre droit dedans par la porte principale. », le tout évidemment armé d’un seul sabre parce que Japon. Chapeau l’artiste !

La route, elle, suit encore le désert côtier, passe par Ica, Nazca et ses lignes ainsi que Pisco, son alcool et son tremblement de terre. Je dois dire que j’aurais bien voulu m’arrêter un peu pour faire un volontariat dans cette ville avec une association qui aide à la reconstruction de la cité, mais pour une fois, mon temps m’était compté. Encore un beau coucher de soleil sur les sables pour un réveil aussi beau par le soleil, sur les dunes de sables et les montagnes de pierre du sud péruvien aux couleurs changeantes avec le soleil montant.

2 Comments to “Le voyage en Bus, Tome 1”

  1.  franck said on

    pas mal de bus.. ca me rappelle mes trajets du pérou..enjoy

  2.  Daniel said on

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