Le voyage en bus, tome 2

Arica – La Paz : la route d’une beauté sublime

Il y a des routes qui frôlent le sublime ou l’excellence tant par la diversité des paysages et leurs beautés que par les chiffres.

Arica est une ville portuaire de l’extrême nord chilien. Elle est une voie de communication extrêmement importante puisqu’elle relie La Paz à la mer. En 7à 8 heures de bus, nous voilà passant de la côte ouest Pacifique à La Paz à plus de 3600 mètres.

Un itinéraire qui traverse 2 parcs nationaux, Illimati côté chilien et le Sajama (la montagne de mes rêves de grimpette), une frontière traversée à plus de 4000 mètres, des paysages de désert côtiers puis des oasis au fond des vallées entourées de montagnes arides puis l’altiplano, sorte de vaste plaine entre 3000 et 4000 mètres où se trouve la Bolivie de nos images d’Epinal avec des troupeaux de lamas, de flamands roses et de montagnes à plus de 6000 mètres.

Le lien vers l’album photo Flick’r

Pour se mettre dans l’ambiance, le chauffeur est bien plus sympa et petit que le péruvien ou le chilien. Il n’arrête pas de faire des blagues quand il fait les formalités de départ avec nous et il est obligé de les refaire 3 fois tant une personne manque ou qu’il n’a pas bien noté les présents. .

Le bus est rempli de travailleurs boliviens rentrant aux pays après les récoltes de tomates.

Sur le chemin, le premier rond point donne le ton avec un panneau Direction : « Pérou/Bolivie », qui en fera rêver plus d’un (pas eu le temps de le photographier, pardon..). Au rond point suivant, le péruvien continue tout droit vers le Nord, le bolivien bifurque à droite pour tourner le dos à la mer et monter dans sa terre.

La route se faufile dans une vallée au fond verdoyant de cultures de toutes sortes mais notamment de tomate. Cela crée un contraste saisissant entre le vert de fond de vallée, l’ocre des collines et montagnes et le bleu azur d’une pureté immaculée du ciel limpide de cette région constellé d’observatoire astronomique plus puissants les uns que les autres.

Le bus, le capot ouvert,  est maintenant prêt pour monter sur le flanc des montagnes. Les Boliviens sont prêts à regarder le film comique qui va passer tout en mangeant leur repas servi. Le seul hic, leur volonté de fermer les rideaux pour se concentrer sur les images alors que ma pellicule se diffuse tout autour du bus à l’extérieur. Sans doute, sont ils blasés de ces paysages ? Feraient-ils comme les parisiens qui ne regardent même pas les monuments de leur ville ? Possible d’une certaine façon, mais d’un autre côté, mon voisin connaissait chaque montagne, chaque lieu traversé.

La traversée de la frontière, elle, restera épique avec les formalités de sortie du Chili rapides et efficaces alors que ce fut un vrai chaos du côté bolivien. Une route à 2 voies avec 3 rangées de camion dans le même sens. Comment font-ils ceux dans le sens contraire ? Une énigme, mais ils vont y arriver.

On descend du bus avec tous nos sacs, on marche jusqu’au poste frontière à quelques centaines de mètres, on se fait tamponner le passeport, puis l’officier bolivien n’a pas envie de regarder mon sac à dos rempli d’affaires sales ; tant mieux, moi aussi.

Le reste n’est que paysages d’altiplano fantastique avec le Mont Sajama, montagne sacrée de Bolivie à 6565 mètres, des couleurs de sols et sierra qui déclinent toutes les thèmes autour du marron/ocre et jaune avec ces troupeaux de lamas proche d’un point d’eau créant une tache verte dans ce milieu sec, ainsi que ses maisons en adobe surgis du siècle précédent et ses habitants de contrées rudes aux vêtements pittoresques.

Malgré la beauté du paysage, il est temps que le voyage se termine. Le bus, j’en ai soupé. Il me tarde de passer à autre chose.

En tout cas, nous voilà à 4000 mètres, il s’en est passée quand même des choses sur ce chemin.

PS : d’autres situations intéressantes en bus :

-  le bus qui tombe en panne forcément au milieu de nulle part mais qui se répare avec l’aide d’un marteau et de 3 coups sur le moteur. (trajet Mompox-Santa Marta en Colombie et San Ignacio-San José en Bolivie)

- l’autruche qui s’enfuie devant nous mais qui court sur la route pour nous éviter et de plus en plus vite… un sprint de bien 500 mètres de sa part

- le bus en uruguay avec wifi à bord d’où je valide ou non les commentaires postés sur cet article.

2 Comments to “Le voyage en bus, Tome 2 : Arica – La Paz, la route d’une beauté sublime”

  1.  BERTAUX said on

    Ha mon kopain, que de bon souvenirs que ces traversées dans ces paysages somptueux, de ceux qui te laissent t’evader et ou il est difficile de retrouver la civilization.
    C magnifique …..

  2.  charles said on

    Merci mon juju…
    Le caillou me laisse des souvenirs impérissables aussi..
    La biz

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