Dans le passage obligé du « must do » en Equateur, se trouve souvent l’ascencion d’une montagne à savoir le Cotopaxi, volcan actif le plus haut de la planète. Voilà donc une assomption qui attire le chaland touristique comme moi.

Le lien vers les photos

Pour mettre les chances de mon côté de réussite, il faut déjà essayer de monter assez haut et puis dormir en altitude. Quito la capitale étant à plus de 2800 mètres, la deuxième la plus haute du monde après la Paz, quelques nuits là-bas peuvent être utiles ainsi que de monter au volcan éteint  (un autre est actif et plutôt dangereux) qui trône à plus de 4600 mètres ; un téléphérique nous amenant déjà à 4000 mètres. Une ou 2 autres marches en altitude supplémentaires sont recommandées pour augmenter les  chances de réussite comme la marche autour du cratère du Quilotoa.

Des agences proposent donc cette montée de volcan qui culmine à près de 5900 mètres. Le choix de l’agence est crucial pour avoir un bon équipement si vous faites tout sur place ce qui est moins cher.

J’ai rejoint un groupe de randonneurs qui avait déjà choisi son agence. Evidemment, c’était l’agence que je n’aurais pas choisie car le propriétaire avait un matériel que je trouvais moyen voire moins bien que moyen et puis toutes ces réponses à mes questions étaient « tout va bien se passer » ou « tranquillo » ou il y a pas de saison pour grimper le Cotopaxi ou ça fait 4 jours qu’il fait beau, donc dans 3 jours, il y a des chances qu’il fasse beau aussi.

Evidemment ses chaussures étaient pourries, j’ai mis plus d’une heure pour avoir une paire correcte. Ce contretemps passé, nous voilà parti pour le parc naturel du Cotopaxi, montagne imposante à la forme parfaite conique. Un arrêt à un musée sur la vie du parc, un passage à un lac de montagne, la pluie et ou la neige se mêlent de la partie jusqu’en soirée.

La voiture se parque à 4500 pour nous laisser 300 mètres de montée jusqu’au refuge à la hauteur du Mont Blanc pour une courte pause sommeil. Effectivement le réveil est prévu à 23 heures pour une grimpette prévue à partir de minuit pour 5-7 heures de montée et 2-3 de descente.

La montée au refuge nous met déjà dans la bain : souffle court pour une montée en ligne droite sur un terrain meuble. Vérification du matériel technique, crampons en l’occurrence, qui a nécessité l’utilisation de mon couteau multifonction pour les revisser à la bonne taille. Vive le matériel vérifié avant. Initiation à la marche en crampons et puis repas avant un dodo vers 19h pour réveil à 23h. Un petit déjeuner à 23H30, il n y a pas que de la dérégulation économique ou climatique… ET nous voilà partis pour la montée du Cotopaxi. Alors, parlons du mal de l’altitude…Le mal de l’altitude se fait ressentir par la perte d’appétit en premier lieu avec des maux de tête ce qui n’est vraiment pas mon cas pour l’appétit en tout cas, vu ce que j’avale et par ma demande de rab à chaque plat…Par contre, quand même un peu la tête avec une barre au niveau du front.

Première partie, montée en chaussure sur la neige qui débute au refuge avant de chausser les crampons au moment d’arriver sur le glacier 300 mètres plus loin… Sur le glacier, les cordées se forment, les hommes ensemble, les 2 filles de leur côté. D’ailleurs, je ne donne que peu de chances aux filles de monter tant un élément est déjà avec le souffle court et ne se sentant pas bien. La suite me donnera tort ainsi qu’à toute ma cordée et c’est avec la plus grande surprise et admiration que nous les voyons arriver une grosse demi-heure après nous au sommet.

Le paysage a l’air d’être à couper le souffle. Malheureusement il fait nuit noir et le ciel est couvert. On arrive à distinguer des grandes formes obscures qui sont des glaciers ou des pics et des lumières au loin de la métropole quiténeinne. Le pas lent et régulier, nous suivons notre guide, moi en dernière position, ce qui me laisse la possibilité de regarder autour pour voir les lumières des frontales soit devant qui nous laissent deviner la route et la déclinaison soit derrière pour voir le serpent de lumière des grimpeurs.

Pas de véritable difficulté technique hormis un passage raide où le guide nous fait monter avec une corde un à un. Le plus difficile étant de marcher dans les passages avec beaucoup de neige fraiche et donc avoir les pieds qui se dérobent ce qui fait faire des efforts supplémentaires difficiles à plus de 5500 mètres.

La montée s’effectue de nuit afin d’éviter les horaires des avalanches mais on sent bien le potentiel du paysage que l’on retrouvera à la descente pour les photos. Pour le moment, souffle court, rythme lent mais cependant le même depuis le début le montée, on continue d’avancer pas à pas et le mental prend le pas sur le physique pour la fin de l’ascension qui se passe avec le soleil levant.

L’arrivée au sommet du cratère est évidemment le moment le plus intense lorsque l’on voit que l’on touche au but. Arriver sur un sommet où il y a un trou béant est une sensation nouvelle pour moi et donc étrange. Cela rajoute à la beauté du paysage car on est attiré à la fois par le paysage et le trou du cratère. De plus, mon arrivée au sommet coïncide avec une fenêtre de beau temps dégagé rare dans cette journée où il a un neigé assez souvent. La vue à 360 est impressionnante avec « l’avenue des volcans » et la vue sur le Chimborazo, ou bien la vue sur Quito.  Des instants de grande intensité avant la redescente prévue un quart d’heure après l’arrivée au somment car il ne fait pas bon rester des heures immobile à plus de 5800 mètres. Un coup d’eau et de banane pour repartir après les photos d’usage.

Maintenant le plus dur commence, 2 à 3 heures de descente, le moment où l’on fait moins attention et où le danger est plus présent avec la fatigue et la satisfaction de la montée réussie. Elle se passera bien et en accéléré tant mon envie d’arriver au refuge est grande, amplifié par mon besoin de me soulager. La descente est le moment aussi de véritablement voir ce paysage que l’on a deviné lors de la nuit. ET notre sensation est confirmée sur la beauté et le majesté de la montagne.

Merci à la pachamama….

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